Vous avez peut-être entendu parler du concept de « classe par correspondance » ou d’ « école à domicile ». En France, il existe plusieurs organisations qui présentent ce type de formation, mais la plus importante d’entre elles est un établissement d’enseignement national. Il s’agit du Centre national d’enseignement à distance, mieux connu sous le nom de « CNED ». Si vous voulez en savoir plus sur cette propriété, lisez cet article !
Un peu d’histoire : Les débuts du CNED
L’enseignement à distance en France s’ancre en 1939, au moment où la Seconde Guerre mondiale bouleverse le pays. Les écoles ferment, la nécessité d’une solution rapide s’impose pour que les enfants ne restent pas livrés à eux-mêmes. Le gouvernement lance alors un service de cours par correspondance et par radio, censé durer quelques mois seulement. Certains cours passent même à la télévision, mais à l’époque, rares sont les familles équipées.
La guerre terminée, le besoin de poursuivre l’enseignement à distance ne disparaît pas. Le dispositif se pérennise et prend le nom de Centre national d’enseignement à distance. Ce système permet notamment d’assurer une continuité scolaire pour les enfants malades ou les anciens déportés, leur ouvrant une voie vers l’éducation.
En 1986, le CNED adopte son nom actuel et s’intègre pleinement à l’Éducation nationale. À la veille du nouveau millénaire, il s’adresse à des élèves vivant aux quatre coins du globe et propose déjà plusieurs milliers de cours.
Pourquoi choisir le CNED ?
Après deux années passées comme élève du CNED, j’ai croisé des profils bien différents sur les forums d’échanges. Pour certains, comme moi, la scolarité classique était devenue un obstacle, mais ce motif ne couvre qu’une partie des inscrits. Des élèves expatriés ou amenés à voyager régulièrement trouvent dans les cours à distance une solution adaptée à leur mode de vie. D’autres doivent faire face à une absence d’établissement proposant la formation recherchée dans leur région : le CNED évite alors bien des déménagements forcés.
J’ai aussi rencontré des adultes déjà insérés dans la vie professionnelle, qui n’avaient pas la possibilité de suivre le cursus traditionnel pour obtenir le baccalauréat. Le CNED propose également un large éventail de formations post-bac. Certains étudiants choisissent ainsi cette formule pour mener de front reprise d’études et emploi.
L’organisation du CNED : comment ça marche ?
INSCRIPTION
Pour rejoindre le CNED, il faut s’inscrire. L’inscription est payante, son coût varie selon la formation sélectionnée. À titre d’exemple, une année complète de terminale ES en « classe réglementée » commence autour de 282€ et peut grimper jusqu’à 990€ pour la « classe libre ». Ces deux formules ne s’adressent pas au même public et fonctionnent différemment.
La scolarité étant obligatoire en France jusqu’à 16 ans, l’inscription en classe réglementée (gratuite) s’impose pour les élèves de 6 à 16 ans à condition d’avoir l’accord du Directeur académique. Il faut alors constituer un dossier composé d’une lettre de motivation, du livret de famille et de la décision de passage ou de redoublement de l’établissement précédent de l’élève. Les modalités pouvant varier selon l’académie, il vaut mieux consulter directement les sites officiels si vous êtes concerné.
La classe réglementée impose un suivi : il faut rendre un certain nombre de devoirs pour valider le passage en classe supérieure ou obtenir une bourse. Les bulletins sont envoyés chaque trimestre et un conseil de classe clôture l’année. Impossible d’opter pour une classe réglementée si vous êtes déjà inscrit ailleurs ou si vous avez interrompu votre scolarité depuis plus d’un an.
L’inscription réglementée est reconnue comme une scolarité classique, alors que la classe libre ne donne droit ni à un certificat de scolarité, ni à une bourse.
En classe libre, le contenu des cours et des devoirs reste identique, mais il n’y a pas d’obligations particulières concernant le rythme ou le rendu des devoirs, ni de conseil de classe.
Le CNED met aussi à disposition des cours à la carte. Plutôt qu’une année complète, il est possible de sélectionner uniquement les matières souhaitées. Les tarifs évoluent selon le choix des disciplines. Cette formule n’est pas non plus considérée comme une scolarité à part entière.
Les cours
Au début de l’année, ou dans les semaines qui suivent l’inscription, on reçoit tous les cours sous forme de brochures épaisses, livrées en un ou deux colis. Selon les formations, des livrets de devoirs peuvent s’ajouter. L’organisation du travail se fait ensuite à la carte : chacun adopte la méthode qui lui convient. Certains préfèrent reconstituer un emploi du temps classique, alternant une heure de mathématiques, puis deux de français, etc. Pour ma part, j’ai toujours trouvé plus efficace de travailler une séquence complète d’un même cours, quitte à revenir sur un autre sujet après quelques jours. Les cours les plus denses imposent parfois de véritables pauses pour ne pas saturer.
Ces livrets rappellent les cahiers de vacances, à ceci près qu’ils sont bien plus fournis : on y trouve à la fois le programme complet et les exercices. Pour certains enseignements, comme le français en première, le contenu se répartit sur plusieurs volumes pour faciliter la progression.
Les devoirs
Au lycée, un calendrier indicatif aide à répartir les devoirs sur l’année. Ce n’est pas une obligation stricte, difficile à tenir pour beaucoup, mais il permet d’éviter l’accumulation de travaux à la dernière minute, en avril ou en mai. Certains cursus post-bac imposent en revanche des dates fixes de rendu.
En première et terminale ES, j’avais 60 devoirs à effectuer sur l’année. Il n’était pas indispensable de tous les rendre, le rythme serait intenable sur la durée (même si certains y parviennent). Pour passer en classe supérieure, il fallait avoir rendu environ 75% des devoirs à la mi-mai.
Pour les boursiers, la règle est différente : 12 devoirs par semestre doivent être rendus, preuve d’assiduité pour conserver la bourse. Ce seuil reste accessible si l’on travaille régulièrement et sans relâche.
Le fonctionnement des devoirs est simple : on prend le sujet dans le livret ou on le télécharge sur le site du CNED, on le réalise, puis on l’envoie au correcteur par courrier ou via la plateforme en ligne. Cette dernière solution est plus rapide : quatre ou cinq jours suffisent pour obtenir une correction numérique, contre une vingtaine de jours par la poste.
Dès qu’un devoir est remis, un correcteur s’en charge, attribue une note, commente en détail et propose une correction type. La tentation de tricher existe, bien sûr, Internet regorge de corrigés, mais tout cela n’a que peu d’intérêt : le vrai enjeu reste la préparation à l’examen, pas la note ponctuelle sur un devoir maison.
Le CNED ne propose pas de « bac blanc ». Mieux vaut alors jouer le jeu, affronter ses faiblesses en cours d’année et comprendre ses erreurs avant le jour de l’examen, quitte à essuyer quelques mauvaises notes.
Devoirs oraux
Pour les langues vivantes, il faut aussi réaliser des devoirs oraux. L’étudiant s’enregistre avec un micro, puis transmet son fichier comme il le ferait pour une copie écrite. L’enseignant écoute, corrige et renvoie un fichier audio commenté.
La première fois, l’exercice déroute. Se retrouver seul face au micro, à Audacity ou autre logiciel, c’est un peu déroutant. J’ai connu ce blocage pour mon premier devoir d’anglais. Après avoir demandé conseil à une tutrice, elle m’a confié que même après des années, elle ne maîtrisait pas le micro sans stress. L’essentiel, selon elle, reste de se lancer, même imparfaitement.
Tutorat
Les enseignants et tuteurs répondent présents en cas de question sur les cours. Dans ma formation actuelle, tout passe par le forum d’échange du CNED. Lorsque j’étais en lycée, certains tuteurs étaient aussi joignables par téléphone plusieurs jours par semaine.
Passez le baccalauréat avec le CNED
Quand on étudie au CNED, il faut souvent passer l’examen associé : le baccalauréat, par exemple. Pour s’inscrire, le processus s’apparente à celui d’un lycéen classique, avec toutefois une subtilité : le CNED ne s’occupe pas de l’inscription à l’examen. Chacun doit effectuer la démarche individuellement. Deux possibilités : l’élève inscrit en « classe réglementée » se déclare candidat scolaire, l’inscrit en « classe libre » devient candidat individuel. L’inscription est gratuite pour tous. Au moment des épreuves, les élèves du CNED se rendent dans un lycée de leur secteur pour composer ou passer l’oral.
En général, le centre d’examen se situe près du domicile, mais il arrive que certains soient affectés bien loin. J’ai croisé une élève qui a dû parcourir plus d’une heure de route pour chaque épreuve…
CNED : un bon concept, mais…
Mon expérience du CNED m’a montré que la formule s’avère précieuse pour tous ceux qui ne peuvent pas suivre un cursus classique. Le CNED offre de vrais atouts, mais il faut aussi savoir composer avec des difficultés récurrentes. Certains supports de cours semblent parfois bâclés, bourrés de fautes ou de maladresses qui rendent la compréhension laborieuse. Il m’est même arrivé de recevoir des manuels avec des pages en double.
Autre bémol : la patience est une vertu quand il s’agit d’obtenir une réponse du service administratif. De nombreuses fois, j’ai attendu des mois pour une simple question. Si certains tuteurs s’impliquent et font preuve d’une vraie volonté d’aider, d’autres sont bien moins investis. Cela peut devenir décourageant, surtout quand on travaille seul face à ses manuels.
Les outils informatiques du CNED laissent parfois à désirer, même si des progrès ont été réalisés récemment. L’accès à la plateforme de dépôt des copies est long et les documents liés au tutorat sont parfois mal classés.
Au lycée, nous avions un forum d’échange général entre élèves, mais chaque message attendait la validation d’un modérateur. Certains posts mettaient jusqu’à trois semaines à apparaître… Autant dire qu’il ne fallait pas être pressé pour obtenir une réponse à une question urgente.
Malgré ces défauts, le CNED m’a permis de poursuivre mes études et d’obtenir mon baccalauréat. Sans cette option, je n’aurais sans doute pas pu avancer. Les obstacles existent, mais l’apprentissage à distance peut ouvrir des portes à ceux qui n’ont pas accès à l’école traditionnelle.
Et vous, avez-vous déjà expérimenté le CNED ? Que pensez-vous de l’enseignement à distance ? Ce type de parcours vous attire-t-il ? Partagez vos impressions en commentaire.
Kaalyn
Sources textuelles :
Wikipédia cned.fr Historique de la CNED Euscoll Consulfrance Image dans la première
Source de l’image :
École Française
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